
11 octobre, 8h45: Petr, notre conducteur, nous attend pour le transport à l'aéroport. Au menu aujourd'hui, 9 heures de vol (vers Helsinki d'abord, Beijing ensuite), 7 heures d'attente aux aéroports, 6 heures de décalage, 2 heures de taxi et environ 10 minutes de sommeil.
Avec les difficultés que nous avons eues à obtenir nos visas pour la Chine, nous appréhendions un peu l'arrivée. Surprise, l'aéroport de Beijing est gigantesque, presque vide et propre comme un sous neuf. La douanière est toute menue et souriante et après la vérification de chacun des 4 passeports, un petit clavier s'illumine devant nous, nous demandant d'évaluer la qualité du service que nous recevons. À défaut de "complètement surpris", nous avons choisi l'équivalent de 4 sur 4, résultat que semblait voir la douanière car elle nous remerciait sans arrêt.
Il y a énormément de traffic ici. Aucun ordre, aucune courtoisie mais aucune agressivité non plus. Le klaxon sert plus que la "clutch" d'un camion de vidange et la priorité n'est définitivement pas aux piétons.
La pollution se voit, se sent et se respire. À une occasion, il y avait tellement de smog qu'un ciel semblable au Québec nous aurait convaincu de trainer un parapluie. En général, toutefois, il a fait très beau et la température est montée jusqu'à 25.
Après s'être installés au Red Lantern House, nous sommes allés marcher sur le bord d'un joli lac, question de prendre le pouls de Beijing. Toutefois, le retour a été plutôt difficile. Nous nous étions éloignés plus que prévu et nous avons été pris à travers une marée de monde déambulant sur le trottoir le long d'un route extrèmement bruyante. Avec la fatigue, il est vrai qu'on se serait senti dépaysé à St-Lambert mais là, on avait vraiment hâte de revenir. Au retour à l'auberge, nous avons retrouvé nos amis de Boucherville François, Elizabeth et les garçons Toby et Mallory. Globetrotters comme nous, ils sont à Beijing depuis trois jours et sont déjà riches de plusieurs semaines de voyage en Asie. Nous irons souper ensemble, ainsi qu'à tous les autres soirs, et ils nous permettront de rapidement trouver nos repères dans la ville. Les enfants sont évidemment très heureux d'avoir des amis et Michèle et Charles apprécieront aussi grandement la compagnie de ces gens simples et charmants avec qui nous auronts beaucoup de plaisir.
Pendant les jours qui suivront, nous visiterons ensemble le superbe palais d'été et irons nous promener à vélo dans les nombreux hutongs, une journée mémorable que nous baptiserons "u-turns in the hutongs" et pendant laquelle nous jouerons au aki avec des "locals" dans un parc. Nous nous retrouverons aussi après la visite en famille de la cité interdite, question d'aller voir les vendeurs de vètements sur "silk street".
Un autre moment fort ensemble a été un souper dans un petit resto typique ou le boss, un amateur de photographie surnommé "le gros", est venu offrir à François et Charles un verre d'une espèce de térébantine chinoise qu'il fallait avaler d'un trait. Michèle a ensuite fait "l'erreur" de sortir sa caméra pour immotaliser l'évènement, ce qui a déclanché un orgie de photos pendant laquelle une bonne centaine de clichés seront pris. "Le gros" est alors allé chercher sa lentille et lui et François, lui-même photographe de grand talent, se sont livrés une bataille de photo qui s'est terminée dans la rue (comme toute vraie bataille) à côté d'un cuistôt préparant de la soupe à la viande. Au Québec, la viande c'est les muscles de la bête. Ici, la viande c'est tout sauf les muscles... Les foies, intestins et autres parties non-identifiées qui bouillonnaient dans un wok géant ont également été ciblés par les lentilles. Pendant ce temps, les 4 enfants se bidonnaient devant la télé du resto ou jouait un DVD de Tom and Jerry, spécialement choisi pour eux par le patron.
Il y a des Chinois en Chine. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de Chinois. Les foules dans les bus, métros, rues, sites touristiques ou sur les trottoirs nous font penser aux vendredis soir au bar Vogue sur la Grande-Allée à Québec dans notre jeune temps. Claustrophobes s'abstenir. On suppose qu'on s'habitue ou pas, on aime ou pas. Pour nous, la quantité de gens pas été quelque chose de désagréable.
Les Chinois sont forts sympatiques et très impressionnés par notre famille "nombreuse". La phrase que Florence aime dire, "laissez passer la star", prend toute sa signification ici. Les gens se retournent immanquablement sur les trottoirs lorsqu'on les croise et dans les endroits touristiques, plusieurs, jeunes et moins jeunes, s'approchent en riant et en souriant simplement pour voir les enfants ou les prendre en photo. Il est curieux de voir ces ados et jeunes adultes se placer derrière Nicolas et Florence pendant qu'un autre prend la photo avant de repartir aussi heureux que s'ils avaient rencontré Bono ou Mao.
Le 15, nous avons passé l'après-midi au parc olympique, le fameux bird's nest, avec 4 enfants puisque François et Elizabeth devaient régler des questions de billets d'avion. 2 parents, 4 enfants: nous sommes devenus des héros national l'espace d'un après-midi. Les Chinois doivent payer une taxe importante s'ils veulent avoir plus d'un enfant. Nous passerons 1h30 à jouer au aki au centre de la piste à l'intérieur du stade mais les enfants seront constamment en demande pour des séances de photos. Au départ, ils nous diront qu'ils n'ont pas assez joué à cause de toutes ces interruptions.
Nous avons eu beaucoup de plaisir à Beijing et Nico et Flo se sont adaptés à la ville (et à la célébrité) sans aucune difficulté.
Prochain stop, la muraille.
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